Transport rural à la demande
Mardi 6 novembre 2007 , 9 h 15. Dans sa petite maison
de Saint-Nicolas-du-Pélem, Marie-Thérèse est
fin prête. Dans quelques instants, le taxi qu’elle
a commandé auprès de la centrale départementale
de mobilité s’arrêtera devant sa porte, pour la déposer à Rostrenen.
Un service proposé par la CCKB,
la Communauté de communes du Kreiz Breizh.
“Je vais régulièrement à Rostrenen faire un petit tour sur le marché.
Comme je ne conduis pas, auparavant je devais trouver un
voisin ou un ami pour m’emmener et ce n’est pas toujours
évident. Aujourd’hui, je suis plus indépendante”.
Dans le taxi, les conversations vont bon train.
Laure, la conductrice,connaît bien la plupart de ses clients
qu’elle transporte régulièrement. “J’ai été embauchée cet été
à mi-temps chez un artisan taxi, spécifiquement pour le Trad
(Transport rural à la demande).
En une seule après-midi, il m’arrive de faire 250 km”.
Quatre à cinq fois par mois, Marie-Thérèse utilise le Trad.
Un service – et un plaisir - qui lui permettent de rompre l’isolement.
“Cela me permet de sortir quand je veux.
À 1 € le trajet, ce n’est
pas cher.
Sans ce service, je resterais enfermée chez
moi”.
9 h 30, le taxi la dépose près du marché. Pour que Marie-
Thérèse puisse faire ses courses tranquillement, Laure
garde ses effets personnels dans le coffre de son véhicule.
À 11 h 15, elle viendra récupérer sa “cliente” pour la conduire
chez des amis à Gouarec. Entre-temps, elle sera allée
récupérer une autre personne à Laniscat pour la mener
au supermarché de Saint-Nicolas-du-Pélem…
“Sur un territoire étendu comme le nôtre, traversé uniquement
par deux lignes de bus, les transports collectifs réguliers ne répondent qu’à une
partie de la demande”, indique Pierrick le Saulnier, directeur de la CCKB.
Malgré la crainte que ce type de transport ne défavorise les
petits commerces de proximité, le Trad a été lancé il y a un an.
Six artisans taxis, représentant une dizaine de véhicules,
participent au dispositif, rémunérés selon le tarif préfectoral.
Gratuit pour les enfants des centres de loisirs
le coût annuel de ce service représente une charge de
80 000 € pour la CCKB. “Nous récupérons 10 000 € de participation des usagers, mais
l’objectif n’est pas d’équilibrer le budget, poursuit Pierrick.
Cela a surtout permis de
recréer du lien social”.
L’enjeu : faire en sorte qu’il n’y ait pas de citoyens de “seconde
zone”,sous prétexte qu’ils habitent en milieu rural et qu’ils n’ont pas de véhicule...
en proposant à chacun les mêmes services et les mêmes possibilités de déplacement,que
ce soit en Centre Bretagne ou dans une grande ville.
“Sur l’année, près de 900 personnes ont utilisé ce service. Cela dépasse nos
prévisions. Le problème, pour des communautés de communes au budget modeste comme la nôtre, c’est que tout cela a un coût.
Mais ça vaut pour des tas d’autres services publics, comme la Poste”.
En attendant, le Trad a permis d’augmenter les effectifs de certains centres de loisirs, a conforté l’activité des taxis locaux, sans les effets redoutés sur les commerces
locaux,
le tout, à la grande satisfaction des usagers comme Marie-Thérèse.
Service ouvert trois jours par semaine,le Trad offre aux habitants de la CCKB la
possibilité de déplacements ponctuels.
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